Des projets pour motiver
En France, c’est la rentrée, et par conséquent, l’heure de quitter le rythme des vacances d’été pour s’investir dans de nouveaux défis. Pour ceux qui, de l’autre côté du globe, célèbrent l’arrivée du printemps, c’est aussi l’occasion d’un nouvel élan. Et si nous profitions de cette période de renouveau pour proposer des projets à nos apprenants ? Mais en matière de projets, les idées reçues ont la vie dure et nous empêchent parfois de franchir le pas. Alors passons en revue ces a priori !
« C’est trop chronophage ! » C’est souvent le premier argument avancé. Mais en réalité, un projet optimise le temps d’apprentissage en faisant travailler plusieurs compétences. Prenons l’exemple d’un projet de création d’un guide touristique : il permet de réinvestir le lexique de la ville, de la localisation, les structures du conseil, et de développer des compétences orales et écrites. Et surtout, c’est une tâche concrète qui donne du sens aux activités linguistiques.
« Cela demande trop de préparation, trop de matériel. » Pas plus que toute autre activité ! La recherche et la collecte de matériel font justement partie du projet. Une fois le projet lancé, l’enseignant guide et veille au bon déroulement. Pour l’organisation d’une journée de troc, par exemple, ce sont les apprenants qui s'organisent. Ils sont autonomes et acteurs. Quoi de plus valorisant ! Et au-delà du caractère ludique, ils remplissent des objectifs culturels — comme réfléchir à leur rapport à la consommation — ainsi que des objectifs linguistiques — comme expliquer pourquoi cet objet ne leur est plus utile, mais pourrait l’être pour d’autres.
« Cela favorise les meilleurs élèves, les autres s’appuient sur eux. » Au contraire ! Les tâches sont réparties selon les compétences et les envies de chacun. Si l’on prend un projet comme la création d’un tutoriel pour adopter des comportements plus écologiques : certains préféreront s'occuper de l'aspect technique (tournage, montage), d’autres seront plus à l’aise à l’oral et seront devant la caméra, d’autres encore vont faire des recherches en amont, etc. Travailler sur un projet favorise les interactions : les apprenants coopèrent, expriment leurs idées, négocient, apprennent à s’écouter, à se faire comprendre et à construire (du sens) ensemble.
« Quand on enseigne dans un pays non-francophone, on ne peut pas partager notre projet. » C’est justement l’occasion de réfléchir ensemble à la diffusion de ce travail ! Avec un projet comme la création d’un podcast sur la musique qu’on aime, par exemple, il est possible de mettre le podcast sur le blog de l’établissement et d’en expliquer les grandes lignes en langue maternelle, de le diffuser auprès d’autres apprenants francophones dans le monde, etc. L’essentiel, c’est de montrer le résultat final, car le partage motive la participation.
Alors halte aux idées reçues et regardons le projet comme un moyen simple et efficace d’ancrer l’apprentissage dans le réel !
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